CALACS Congress

Les Amériques : au singulier ou au pluriel?

Université du Québec à Montréal (UQAM), 16-18 mai

Une tension – à la fois créatrice et conflictuelle – traverse l’idée des Amériques entre ce qui rassemble et ce qui divise cet espace social, politique, économique et culturel. Les tendances vers l’intégration continentale, ainsi que les projets de développement national, de citoyenneté inclusive et de consolidation démocratique font surtout appel au singulier: une histoire commune, un peuple uni, une vision partagée.

Mais la quête d’égalité et de justice, aussi bien que la reconnaissance du caractère fluide et multiple – bien qu’ancré dans l’histoire – des identités, met de plus en plus en relief les dissensions, les asymétries, les décalages qui existent dans la région. L’actualité semble se caractériser par le pluralisme tous azimuts, parfois même au prix de la fragmentation, si bien que l’idée de liberté est devenue étroitement imbriquée avec celle de repli sur soi. Pourtant, la cohésion, la solidarité et le sentiment d’appartenance demeurent des valeurs prisées dans l’action collective.

Nous souhaitons placer cet enjeu au cœur des discussions de la conférence annuelle de l’ACÉLAC. Sur un plan très général, les questions suivantes sont d’un intérêt particulier : une ou plusieurs nations pour un même État? Une citoyenneté universaliste ou des droits particuliers pour les divers groupes de la société? Un seul système panaméricain ou un ensemble de blocs régionaux? Mais la tension entre le singulier et le pluriel, entre l’unité et la diversité, entre ce qui unit et ce qui sépare, traverse des phénomènes aussi divers que la production artistique, la représentation électorale, les processus migratoires, la mobilisation sociale, les cadres normatifs, l’éducation scolaire, entre autres.